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| A 5h le soleil frappe déjà notre tente. Nous bénéficions d’un temps clément avec peu de vent et le thermomètre n’affiche que -20°C. Le réveil est poussif. Il montre les séquelles de l’effort de la veille et d’une nuit toujours perturbée par une toux intense. Cependant personne n’est affecté par le signe du mal aigu des montagnes. Le même rituel recommence. Plantés devant notre gamelle, en état de léthargie, on regarde le bloc de glace se désagréger, et l’on attend patiemment frémir l’eau pour se servir une mixture dont chacun aura le secret. Ici chaque geste se mesure et se facture par une consommation d’oxygène dont nous n’avons pas l’habitude de payer dans la vie quotidienne. A 8h, nous voilà enfin prêt. Pour parfaire notre acclimatation, nous prenons la direction du camp IV. Une longue traversée à flan du Makalu nous mène jusqu’à un camp III avancé à 7600m. Nous stopperons ici, magnifique point de vue sur le cheminement vers le sommet, 800m plus haut. Nous revenons sur nos pas vers le camp III, sachant que la prochaine fois que nous foulerons cette trace sera l’ultime étape vers le sommet. Nous reprenons la route vers le camp de base 2000m plus bas, avec la satisfaction d’avoir accompli notre phase d’acclimatation. L’ascension vers le sommet restant un autre défi. Dans l’espoir d’accélérer notre retour, nous embrayons une ligne de rappels douteux dans un couloir de neige et de glace parallèle à l’itinéraire de montée. Vers 7000m la descente s’avère dangereuse, avalancheuse. Que faire ?. Remonter vers le col alors que nous sommes bien fatigués ?. Olivier est en retrait plus haut et nous l’incitons de stopper de suite sa descente. De son côté, Ludo entreprend une traversée scabreuse dans les rochers pour rejoindre la voie normale. L’heure tourne et disons-le, bien déshydratés. La solution se profile mais notre groupe se retrouve scindé, laissant Olivier seul de retour vers le camp III. Nous faisons halte au camp II pour absorber une précieuse boisson, mais sans appétit. 17h30, nous voici de retour au camp de base … mais sans Olivier. 18h30, un membre d’une expé voisine débarque dans la tente mess et nous annonce, selon son contact radio, que notre Olivier est dans les pentes du Makalu La, très fatigué. De suite, nous envoyons deux sherpas pour effectuer de nuit, une montée canon vers le camp II … |
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