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Construction d'une
école à Seduwa ( Népal)

A
chacun son Makalu
Trois semaines s’achèvent pour ce second volet de l’épopée
Makalu, un voyage loin du froid et de l’oxygène rare
vers le village de Seduwa (1600m) qui nous attend pour
achever l’extension de son école (350 à 400 élèves). Toute l’équipe se retrouve
dans le brouhaha nauséabond de Kathmandu en compagnie de Seppi et
Chhewang pour ficeler les derniers préparatifs avant notre envol vers Tumlingtar
(400m), notre porte d’entrée vers les vallées paisibles du Makalu.
Netra,
le chef d’école, nous y attend avec deux jeeps en manque de contrôle
technique. Nous y chargerons, générateur, outillage
électrique, 350kg de fournitures scolaires et d’habits pour
les enfants ainsi que d’épaisses liasses de Roupies qui feront place à
l’artillerie habituelle d’alpinisme en très haute montagne. Compter 3h30 de
route chaotique puis 7h à dos d’homme pour que ces charges soient acheminées à
destination par le service DHL local.
A l’approche
du village, une première échoppe nous offre fleurs et rafraîchissements, puis
une seconde quelques centaines de mètre plus loin. Il est 12h et Netra nous
presse de poursuivre. Au détour du sentier qui débouche sur la cour d’école, se
dresse une arche de bienvenue, le sas d’entrée
d’un étroit couloir bordé d’élèves brandissant leurs colliers. Au bout de la
file, nous voici chargés d’une lourde écharpe de fleurs masquant notre
sourire mais pas notre émotion devant cet accueil si chaleureux. La cérémonie se
poursuit avec tous les officiels du village et des discours rythmés
sur fond de danse et musique Népalaise. Déjà nous pensons que notre prestation
devra être à la hauteur de cette réception et
Seppi le messie monte au créneau, s’adresse à la foule tel J.C. devant ses
apôtres, insistant que notre travail doit être appuyé par une
collaboration de tout le village.
Un message
qui est reçu fort et clair car dès le lendemain le chantier s’organise en
deux métiers. Les menuisiers (Chhewang et les dinosaures
du pays Yves & Seppi) s’attèlent à la confection de
trente bureaux de quatre places, quant aux maçons
(le « Nepali Pad Club » Marco, Olive & Ben), ils décaissent le
sol pour préparer le terrassement de pierre.
Nous joignons nos bras à la main d’œuvre locale tout en entretenant
l’ambiance à coups de « chito, chito » ci et là et en récompensant ces
forçats par des vestes chaudes et des lunettes Julbo. Au gré de leur cours
perturbés par notre activité, les élèves se mêlent à ce chantier euphorique,
pour brasser le béton, acheminer des pierres, concasser du gravier … ou se
foutre de notre accent Népalo-Jurassien, Népalo-Savoyard.
Les journées
s’enchaînent, des vacances sans weekend, ponctuées par un suivi des travaux pour
évaluer l’avancement de l’édifice. « Il nous faut plus de personnes, plus de
ciment, plus de bois … ». Y compris nos bras, nous affichons un effectif de
trente personnes sans compter le ballet incessant de porteurs qui achemineront
7,5t de ciment, 20t de sable, 10m³ de bois … personne ne pourra nous reprocher
de miner l’économie locale !
Dopés par la
météo estivale et la volonté d’achever les quatre classes dans les temps, nous
coulons dalles et crépis, posons 76m² de plancher, trois portes, vingt-six
fenêtres et un escalier dans un temps record avant la venue du lama qui
procèdera à la Puja puis à une cérémonie à l’attention de Nil Prasad Gurung,
notre ami décédé sur les pentes du Makalu dont l’école portera le nom.
Nil, nous
l’avions « rencontré » quelques jours auparavant après un aller-retour express
à Thulo Pokari, le lac sacré éloigné, où est érigé un Chorten à sa
mémoire. Lors de notre passage dans ce village en Avril 2008, il était fier de
contribuer à ce projet pour les enfants de Seduwa et nul doute
qu’il serait fier de voir son visage orner l’entrée de cette école.
Si l’accueil
était chaleureux, le départ était douloureux mais ce n’était qu’un au revoir
puisqu’un nouveau projet de distribution d’eau est
déjà programmé pour 2010. Nous comptons sur votre participation financière pour
en faire un nouveau succès.
Pheri
bhetaunla

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Chap.1 Derniers préparatifs à Kathmandu (
27-28 octobre 2009)
Aéroport de Kathmandu (1300m), Chhewang nous
attend à bras ouverts, katas en main. Charpentier de métier il a déjà écumé de
nombreux chantiers dans la vallée du Khumbu, son fief, en compagnie de Seppi son
mentor. A son expérience indispensable se joint notre maillon manquant qui nous
permettra de collaborer et négocier avec la population locale. Sa première
visite des lieux en été 2009 a permis d’évaluer l’ampleur du travail, de
clarifier les attentes du village sur notre projet et d’anticiper notre venue en
déclenchant l’approvisionnement de certains matériaux pour se mettre à l’œuvre
dès notre arrivée. D’emblée il lève beaucoup de doutes sur les nombreuses
questions qui s’accumulaient dans nos têtes avant le départ ; le feeling est
bon, nous sommes optimistes sur la suite des opérations.
Notre première mission consiste récupérer les précieux bagages expédiés quelques
jours auparavant, soit 350kg de fournitures scolaires et d’habits à l’attention
des enfants (et des adultes en moindre mesure). Nous pénétrons le hangar
bordélique à souhait de la zone de fret de KTM, une décharge à ciel couvert qui
par miracle, après 3h de patience contrôlée et un peu de bakchich, nous livrera
le tout sans pertes … et presque pas de fracas.
Le temps de quelques visites de courtoisie, de lèche-vitrine dans Thamel et nous
voilà reparti pour le « Makita shop » où Chhewang a préparé sa petite liste de
commissions. Rabot électrique, scie circulaire, perceuse à percussion, perceuse
sans fil et autres accessoires, nous voici déjà soulagés de quelques roupies
avec en prime le T-shirt et la casquette Makita, c’est peu dire ! Seppi déboule
au même moment, fraîchement tombé de l’avion avec toujours de l’énergie à
revendre. Ça tombe bien, direction Honda pour poursuivre nos achats avec un
groupe électrogène tout neuf de 2.2kVA. Avec ses 45kg c’est du petit bois pour
un porteur.
Pour cette deuxième soirée à KTM nous voici tout les six réunis autour d’une
table pour dresser un ultime topo avant le départ ... et pour flamber !. Le
casino est ouvert sous les yeux éberlués des cuisiniers qui suivent la scène au
travers de la fenêtre. Nous avons en main une jolie couverture d’Euros et le
trader local a lui un épais matelas de Roupies, le nerf de notre chantier.
Texte de : Benoit ROSSET
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Chap.2 En route vers Seduwa ( 29-30 octobre
2009 )
AGNI air nous attend pour le vol de 11h et à
10h30 nous cafouillons toujours dans les bouchons à l’approche de l’aéroport. La
grande question du matin c’est de savoir si nous pourrons embarquer les 480kg de
bagages. Nous avions pris soins de soulager encore nos effets personnels au
départ de l’hôtel mais l’outillage a bien influencé le verdict de la balance.
Heureusement il y a Bawal, employé de l’agence qui nous épaule, son téléphone
fume encore plus que chez Dreyer et en trois temps deux mouvements nous fait
passer le contrôle et refourgue l’excédent sur un vol voisin. Rien à redire, à
11h00 tout est dans la carlingue du bimoteur, coton dans les oreilles, tous
parés pour 40min de vol.
A Tumlingtar (400m), c’est au tour de Netra, le chef de l’école, de nous
accueillir, muni de deux grosses jeeps pour aller au plus vite vers le village
car l’heure n’est pas au trekking. Plus d’une heure de rodéo nous attendent pour
rallier Manye-Bayang, un périple digne du Paris-Dakar, dans une atmosphère
poussiéreuse, pas vraiment conseillé en cas de crise d’hémorroïdes.
On se croirait dans un remake des « Sept Mercenaires ». Yul Bryner le chauve
(Marco) est en route vers l’école et ramasse sur son passage des copains, des
profs et tous ceux qui sont en mesure de tenir une pelle ou un rabot. Comme dans
tous les films il y a un méchant et nul doute que la palme revient au mafieux
tortionnaire qui détient le pool de Jeeps sachant que celui-ci nous aura bien
extorqué. Dire que l’on va même engraisser la caisse de son lodge, décidemment
il y a de la dynamite qui se perd.
Le lendemain, il restera encore deux heures de supplice pour nos fesses et nos
têtes avant de rejoindre Kwapani la fin de la piste motorisée. Tout est
merveilleusement huilé et Netra a dépêché un groupe de 10 porteurs pour
acheminer les charges à Seduwa. Tiens une tête que l’on connaît, c’est Birta le
cook de l’expé ! et il a toujours son T-shirt Makalu 2008 ! Vu la couleur, bien
possible qu’il ne l’ait jamais quitté depuis Mai 2008.
Chacun de ces gaillards se ficèle 40kg à 60kg de charge et nous voilà partis
vers Num (1700m), pour nous 3h de marche avec nos petits sacs de t…, pour eux 4h
à 5h. Num, c’est vraiment le bled « kirsemblarien » et seul un bon litre de
tchang pourra nous faire oublier de passer la nuit ici. Heureusement nous y
rencontrons Hari, un prof qui nous veut du bien et qui aimerait que l’on
investisse quelques roupies dans son école perdue dans les abîmes de l’Himalaya
à 3j de marche d’ici. Il ira même jusqu'à offrir à Marc un présent très rare
(que celui-ci porte autour du coup), avec la vertu que vous aurez loisir à
deviner :
A/ La repousse de ses cheveux
B/ Le réveil sur la béquille
C/ La régulation de la tension artérielle
Bref nous avons bien rigolé avec Hari, mais quelque peu désemparés de ne pouvoir
l’accompagner sachant que le lendemain nous serons à Seduwa.
Texte de : Benoit ROSSET
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Chap.3 Accueil à Seduwa
Démarrage en douceur ce matin-là,
notre cortège se laisse dégringoler en direction de l’Arun, 1000m en contrebas
et ce midi nous rejoindrons Seduwa, juste en face, 800m plus haut que le lit de
la rivière. Cette descente nous laisse libre temps de contempler les dernières
terrasses d’un riz prêt à la récolte et de nous intéresser à la cardamome, une
plante qui fait partie des richesses de cette vallée et stimule toute une
activité pour son exploitation comme le montre ces tout jeunes porteurs, à peine
plus hauts que les sacs qu’ils transportent.
Au fond (700m), le fameux pont de singe est toujours là, mais bien possible que
certains câbles porteurs soient plus mal en point que lors de notre dernière
visite. Nous basculons versant sud et l’ultime montée s’annonce dégoulinante.
Pour une raison encore mystérieuse nous embrayons la seconde, peut être dans la
hâte de manier la pelle et le rabot. A mi-chemin, un homme nous attend avec des
boissons, bardé de colliers de fleurs, mais locomot’Yves lancé à pleine vapeur
force le barrage et le gaillard nous court après pour nous enlacer de ses fleurs
« non, non y’a erreur, c’est pour les trekkeurs que nous avons dépassés plus
bas ». Netra, jusqu'à présent discret sur la suite, nous convie à lever le
pied et à se regrouper avant l’entrée dans le village. A quelques encablures,
une maison nous ouvre sa terrasse pour prendre un rafraîchissement et un rapide
coup d’œil autour de nous révèle le village qui s’agite. Puis seconde halte,
chez NirmalAAAaaa, fleurs en veux-tu en voilà avec tika de bienvenue honorent
notre arrivée. Pris d’une grosse fatigue ou ferme envie de rester attablés dans
ce lieu accueillant, il nous faut pourtant nous activer vers l’école bientôt à
portée de main.
On s’en souviendra longtemps de ce moment là, au détour du sentier cabossé qui
débouche dans la cour de l’école. L’arche de bambou ornée d’une bannière de
bienvenue marque l’entrée d’un étroit couloir bordé par les élèves vêtus de leur
tenue bleu ciel où chacun s’empresse de lever les bras pour nous capturer d’un
lasso de fleurs, 1,2,… 9, 10 et plus encore … on se croirait un samedi de Mars
au Grand Mont. La charge qui pèse à notre cou reflète désormais le poids sur nos
épaules pour faire aboutir ce projet. S’en suit une cérémonie en notre honneur,
où les invités locaux, s’annoncent les uns après les autres pour assister
ensemble à une danse sur fond de musique Népalaise.
Seppi, le grand barbu aux allures de Messner le missionnaire propage un bref
discours à l’attention de notre auditoire et insiste sur la collaboration
importante du village pour mener à bien cet ouvrage. D’emblée nous nous rendons
en contrebas, notre prochain lieu de villégiature, et organisons les équipes
pour s’atteler à l’ouvrage dès 7h30 le lendemain matin.
Texte de : Benoit ROSSET
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Chap.4 Travaux de maçonnerie
Au même titre que les travaux de
menuiserie, nous avons recruté une équipe de 15 personnes, soutenu par l’équipe
de choc, Ben, Olivier et Marco. Dans un premier temps, il nous à fallu décaisser
l’intérieur du bâtiment pour retrouver une hauteur de 2m20 et un niveau correct
du sol. Pour se faire, nous avons utilisé quelques outils rudimentaires népalais
de petite taille comme le sont les habitants de ce pays. Bonjour le dos dans les
premiers jours, surtout quand on mesure plus d’1m80. Ensuite sur ce sol
décaissé, nous positionnons soigneusement sur la totalité de celui-ci, une
multitude de pierres de même hauteur, tout en prenant soin de comblé les plus
gros trous avec de petites pierres, tout cela dans le but d’avoir une surface
dure, homogène, ce qui évite d’utiliser trop de ciment.
Chose faite, il ne suffit plus qu’à réaliser 4m2 de concassé ( petit cailloux )
à partir de pierres trouver dans la nature. Le travail est simple, il suffit de
s’assoir par terre avec quelques amis et étudiants, de prendre une grosse pierre
plate comme appuis, et de positionner la pierre à briser sur cette surface
plane. Ensuite, à l’aide d’ un espèce de marteau tenant à peine sur son manche,
frapper comme un forcené sur celle-ci pour l’éclater en mille morceaux, en
évitant bien sur de vous éclater les doigts, chose pas évidente dans un premier
temps et d’éviter de lâcher l’outil sous peine d’accidenter son voisin, entre
autre une jolie Didi. Une fois ce concassé réalisé, le mélanger avec du sable
préalablement acheminé par les porteurs, à 4heures de marche d’une rivière se
trouvant en contre bas de Seduwa. Y ajouter un peu de ciment que l’on trouve à 1
journée de marche, mélanger le tout, appliquer sur le sol en pierre, frapper la
couche de ciment avec un morceau de bois plat pour faire pénétrer le tout et
obtenir une surface la plus lisse possible. Réaliser ensuite une couche de
finition ciment sable, taloché parfaitement pour un résultat impeccable made in
Népal. Pour le crépis intérieur et extérieur, il suffit de projeter un mélange
sable ciment eau à l’aide d’une truelle et de talocher ensuite. Pour réaliser
les tableaux, rien de plus simple pour un Népalais, il faut les réaliser en
béton une fois le crépis intérieur fini. Ensuite il applique un mélange ciment
peinture noire qu’il applique à la truelle. Pour obtenir les formes géométriques
sur le crépis extérieur, il faut juste une fois le crépis lissé, découper à
l’aide du tranchant de la truelle, la forme que l’on veut obtenir en enlevant le
ciment.
Texte de : Benoit ROSSET
S'il est une denrée précieuse au Népal,
c'est bien le ciment. On le retrouve à la base de beaucoup de choses dans une
construction: de la dalle du sol au crépis du mur en passant par le tableau noir
du professeur.
Compacté, taloché, il est mis en forme par les artistes locaux. Ceux-ci œuvrent
accroupis, jouant les équilibristes sur un banc d'école lui-même en équilibre
sur des poutres ou encore perchés sur des échafaudages de bambous.
Pour acheminer la matière première, le camion de livraison est remplacé par de
solides porteurs, tout secs sans un poil de graisse: 2 jours de marche depuis
Kua Pani avec 50 kg sur le dos pour le ciment, et pour le sable 2h30 de marche
depuis la rivière Kanua avec jusqu'à 70kg de charge. Quant au gravier, il est
sur place mais demande à être concassé. Pour cela : quelques étudiantes, autant
de marteaux, 2 jours de travail et voilà 4 m3 de gravier prêts à
l'emploi. Et si les "dongas" (pierres) viennent à manquer, une chaîne humaine se
forme pour aller les chercher dans les bois alentours.
Sur le chantier, 2 types d'ouvriers cohabitent. Il y a les rois de la truelle,
lissant, ciselant le béton et les "brasseurs" qui essaient de fournir le fameux
"massala" (béton) sous les "chito ! chito !" des premiers quand le rythme
faiblit. Et il en faut du rythme pour venir à bout des 7,5T de ciment et 15T de
sable qu'aura nécessité le chantier.
Si les 15 jours passés en leur compagnie n'ont pas fait de nous des maçons
aguerris, ils nous auront permis de nous immerger dans leur quotidien, de vivre
"un peu comme eux".
Texte de : Olivier COUDURIER
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Chap.5 Travaux de menuiserie
Pour tout ces travaux de
menuiserie, c'est-à-dire, la réalisation des 30 bancs, des portes, des volets,
et du plancher, nous avions recruté sur place une quinzaine de personnes,
manager par Seppi, Yves et Chhewang. Dans le but de gagner du temps, nous avions
acheté à Katmandou un groupe électrogène, vu qu’il n’y avait pas d’électricité
au village, ainsi que quelques outils électriques.
Pour ce qui était de l’approvisionnement en bois, chaque jours, des porteurs
réalisaient plusieurs heures de marche pour aller chercher des planches. Chaque
banc, chaque porte et volet ont été minutieusement assemblé avec la méthode
tenon, mortaise, pour obtenir un résultat solide.
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Chap.6 La vie avec les habitants
Réunir le budget était une première étape mais le
dépenser favorablement demeurait une opération bien plus complexe. Depuis
longtemps, nous concevions que le succès de l’opération s’obtiendrait en allant
de notre propre personne dans le village, mais épaulés par un réseau local de
confiance capable de nous guider dans les méandres du fonctionnement du pays car
les pièges étaient grands ouverts à nos têtes d’occidentaux. Nous avions dans
les mains 14'400'000 Roupies (l’équivalent de 14k€) soit un joli matelas de
billets de 1000 répartis entre nous cinq. Une somme astronomique à comparer au
revenu moyen annuel d’un habitant (160$), mais pour nous, un montant qui allait
vite fondre dans ces travaux. Assistés par Chhewang, chaque achat, chaque
affaire était réfléchie, discutée et négociée finalement en Népalais avec le
fournisseur.
Bien heureusement notre relation avec la population locale ne se limitait pas au
simple client/fournisseur et chaque jour nous avions à découvrir un peu plus de
ce pays au détour d’un chemin ou au fond d’une cahutte, en partageant la vie
quotidienne des habitants. Vous commencez à discuter avec lui, et gentiment,
vous êtes emportés dans une histoire semi réelle, genre comte de fée ou au
contraire sorcellerie. Tout est mystique où le devient là bas dans ces
montagnes, et malgré nous, nous voici aspirés dans la spiritualité de leur
religion pacifique. Pendant tout notre séjour à Seduwa, nous avions la sensation
d'être de véritables divinités que tout un peuple vénérait. Dès notre arrivée à
Seduwa, tout les gens du village, qui depuis des mois attendaient ce jour béni,
nous ont fait partager leur émotion, leur joie intense en nous accueillant
chaleureusement d'un large sourire et en nous recouvrant de colliers de fleurs
naturelles. Nous nous sommes sentis chez nous dès le départ, le cœur rempli
d'émotions et de sensations que nous n'avions jamais connus auparavant. Nous
étions là pour leur apporter notre aide, contrairement à l'année précédente où
nous étions juste passés dans le village en leur promettant, comme de multiples
expéditions, que nous reviendrions l'année suivante pour leur construire une
belle école. Nous avions senti à l'époque de la mélancolie dans leurs yeux. Nous
étions repartis sans rien leur laisser, juste la promesse que nous reviendrions
un jour. Des promesses bien souvent non tenues par beaucoup d’occidentaux de
passage. Des projets tombant littéralement à l'eau une fois la marchandise sur
place mais dont le suivi n'est pas réalisé ou finalisé par les organisateurs
étrangers.
Après quelques jours de labeur, les habitants ont saisis que nous faisions
preuve de motivation et d’entrain et ont réalisés que ce projet avait toutes les
chances d’aboutir. Chaque jour il passait de nouvelles têtes, du village ou
d’ailleurs, pour venir voir de leur yeux à quoi ressemblait le chantier. Tout ce
savait ici dans la vallée, depuis Tumlingtar jusqu’à Kongma, et quelque part
dans le journal local de Khandbari, on pourra lire qu’une équipe d’occidentaux
s’est mise à pied d’œuvre à Seduwa. Le soir, de retour au lodge, nous étions
filés par une ribambelle d’enfants, très désireux de recevoir une nouvelle
babiole et les enseignes habituelles nous offraient une barre chocolatée en nous
conviant à boire un verre. Souvent nous insistions pour payer notre dû, mais
ils refusaient, en reconnaissance du travail que l’on fournissait pour leurs
enfants.
Le retour au lodge ne
signifiait pas forcément la fin de la journée. Prabal et Netra nous rejoignaient
pour le repas et nous partagions questions et réponses. A vrai dire peu de
débats étaient axés sur la montagne, le Makalu était proche dans le ciel, mais
loin dans notre tête. Certes nous avons partagés des histoires de Vieux Guides
mais jamais nous n’avons pensé à chausser les crampons, ici notre sommet était
ailleurs.
L’improvisation était toujours d’actualité. Quelques éclairages
sommaires, un ou deux musiciens chanteurs, des « Didi » pour le folklore, et
vlan la soirée Népalaise est lancée aux abords du lodge. Un vacarme qui attire
des pèlerins, des profs, des flics en bonnet et tous se mêlent à notre disco
sorti tout droit des JBL. Et quand on ne peut plus rester dehors, tout le monde
va s’entasser dans un petit boui-boui transformé pour l’occasion en night-club.
Texte de : Benoit ROSSET
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Chap.7 L'école et ses enseignants
Par construction de l’école il faut
comprendre l’extension de l’établissement existant. A l’origine,
l’infrastructure se compose de huit salles de classe réparties sur deux niveaux
dont deux sont en contrebas au même titre que « notre » école. Les salles
existantes sont de réalisation plus simple, de plein pied, fruit d’un budget
plus modeste ne permettant pas un crépissage intégral ni de volets.
A notre passage en Avril 2008, le nouveau bâtiment était en cours de
réalisation dans un état peu avancé et nous avons trouvé cette année une
construction plus achevée, un édifice de deux étages, avec des murs, une
charpente sommaire et un toit en tôle. Du progrès certes, mais un travail bâclé,
où la boue a remplacée le ciment, où la poutraison posée « à l’arrache » a
compliqué la pose du plancher.
Le hall d’entrée donne accès aux deux classes du rez-de-chaussée et
comprend un escalier qui mène au premier étage avec deux autres classes. A
terme, les cours devraient se dispenser dans les salles du bas, le haut étant
réservé pour une bibliothèque et une salle de travaux pratiques. En tout voici
un établissement de prêt de quatre cents élèves, âgés de cinq ans à quinze ans
et regroupés en dix niveaux. Parmi eux, certain(e)s mettront jusqu’à 2h de
marche pour rallier leur salle de classe le matin avant le début des cours à
10h.
Douze professeurs, Shanti étant la seule femme à bord, assurent
l’enseignement sous l’égide de Netra, un « proviseur » loin de son fief de
Khandbari. Pendant ces deux semaines, autant dire que les travaux pratiques
étaient au programme tous les jours avec cours de pelle, pioche, concassage,
brassage, portage, etc … beaucoup pour les bras, moins pour la tête ; en quelque
sorte de longues récréations où tous avaient plaisir à s’affairer ci et là pour
participer à ce chantier en délire. Pour les profs disons qu’ils bossaient de
loin et riaient un peu moins, peut être vis-à-vis de leurs élèves ou peut être
par manque de pratique de l’anglais. Ils avaient tout de même la responsabilité
de contrôler les arrivages de sable et de ciment afin de rémunérer justement les
porteurs selon le poids de leurs fardeaux. La meilleure note revenant de loin à
Shanti, polyvalente pour casser des cailloux, arroser les murs de ciment et
porter le béton, c’est certainement la seule qui ait vraiment mouillé la
culotte.
Texte de : Benoit ROSSET
En 2008, lors de notre passage à Seduwa, notre réaction avait été: «Mais comment
peuvent-ils étudier dans ces conditions?». pas de lumière, des salles de classes
ouvertes aux quatre vents, un mobilier rudimentaire et du matériel scolaire
inexistant. Mais après 15 jours passés sur place, et même si notre présence a
quelque peu perturbé le calendrier scolaire, nous nous sommes aperçus que les 12
enseignants (et enseignante) prodiguaient de cours d qualité aux 350 élèves.
Seduwa draine des écoliers d'une dizaine de villages alentours, certains mettent
jusqu'à 1h30 pour venir.
A 10 h, tous sont alignés dans la cour, chemise bleue claire et pantalon (ou
jupe) marine de rigueur. Le drapeau népalais est hissé, l'hymne national chanté.
C'est militaire mais cela se fait dans un esprit bon enfant. les cours finissent
à 16 h car à 17 h il fait trop sombre. Ici on vit avec le soleil, les enfants
font leurs devoirs le matin, il fait jour à 5 h 30 et tout le monde est levé.
Pour gagner un peu d'argent, certains partent pour Num (3 h) et reviennent avec
un portage avant d'aller en classe.
Les enfants commencent en 1ère (6 ans) jusqu'en 10ème,
mais bien plus que chez nous il y a des différences d'âge importantes entre les
élèves d'une même classe.
Pour un enfant de Seduwa, il est compliqué de poursuivre les études. Cela
signifie partir loin, en internant, et cela coûte cher. C'est pourquoi dès 2010,
des membres de l'association vont parrainer 2 étudiantes qui partiront pour
Katmandou.
Une chose nous aura marquée: pendant 2 semaines, avec le sourire et chacun à son
niveau, les enfants ont participé à la construction de leur école. casser des
cailloux, transporter du béton, charrier du sable, porter des planches et des
poutres, rien ne leur faisait peur.
De les voir chaque jour à l'œuvre nous reboostait.
Grâce à eux le but est atteint, pour eux nous reviendrons.
Texte de : Olivier COUDURIER
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Chap.8 La distribution du fret
Lors de cette construction d’école,
nous ne voulions pas venir les mains vide. Pour ce faire, nous avions affrété
300kg de vêtement en tout genre, du matériel scolaire, des ballons en cuir, des
filets de volley et quelques petits bijoux fantaisistes pour les jeunes
demoiselles méritantes.
Pour acheminer tout ce matériel, il nous a fallu engager 6 porteurs pendant 2
jours.
Pour information, 1kg de fret acheminé à Seduwa depuis Genève vaut environ 5
euros.
Afin de faire au mieux et au plus juste pour la distribution, nous avons demandé
la participation de chaque professeur. Ainsi, chaque vêtements a été trié par
taille et distribué dans la classe respective et cela en présence d’une partie
de l’équipe Makalu.
Par conséquent, les 400 élèves ainsi qu’une bonne partie du village, on reçu
quelque chose.
Une grande satisfaction pour l’équipe et surtout pour Marco, puisque nous
n’étions pas sur au départ de pouvoir acheminer tout ce matériel jusqu’à Seduwa.
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Chap.9 Rencontre avec Nil
Il y a des efforts qui sont transparents, des
douleurs qui restent superficielles quand le but à atteindre vous transcende.
C'est un peu ce que l'on a vécu ce 10 Novembre lorsque nous sommes allés nous
recueillir là où a été érigé le Chorten de Nil. De cette journée nous ne
retiendrons ni la montée, longue, rapide, épuisante (passage à 4100m) ni la
descente, au pas de course avec final en nocturne. Non, il ne restera gravé dans
nos esprits que les 2 heures passées auprès de Nil sur les berges du Kalo
Pokhari.
L'endroit a été magnifiquement choisi, paisible, isolé au bord de ce lac sacré.
Nous habillons le monument de drapeaux à prières et accrochons une photo de Nil.
Nous sommes seuls et pas un bruit ne vient troubler ce moment de quiétude. A
travers nous, Béatrice, la compagne de Nil, est présente également. Nous faisons
nos adieux à notre ami par la lecture d'un texte, choisi par elle et rempli
d'espoir.
Adieu Nil, repose en paix dans ces montagnes que tu aimais tant.
Texte de : Olivier COUDURIER
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Chap.10 Départ de Seduwa
Samedi 14 novembre, pour la
dernière fois nous prenons notre petit déjeuner, tout en contemplant cette
vallée de l'Arun qui est devenue un peu notre "chez nous".
Tandis que nous finissons notre paquetage, petit à petit du monde arrive au
lodge. Nous pensions, après la cérémonie d'hier soir, partir discrètement,
laissant Seduwa retrouver son rythme de vie suite à l'animation de ces deux
dernières semaines.
Mais ce matin nous nous rendons compte combien notre absence laissera un vide.
Nos hôtes improvisent une cérémonie dans laquelle, aux colliers de fleurs et
autres tika se mêlent maintenant des sachets de cardamone, cette graine qui fait
la richesse de la région et que nous recevons en cadeau. Les voisins sont là:
Il y a "mummy", cette grand mère qui ne recule ni devant un petit joint ni
devant un verre de rackchi (gnole locale) et dont l'oeil est mouillé de nous
voir partir.
Il y a Keiji, ce maçon qui nous a accompagné avec son fils sur le chantier tout
au long de notre séjour.
Des professeurs sont là, l'exploitant de la cardamone, Furbuti une étudiante qui
a dansé pour nous la veille.
Tout ce petit monde nous accompagne ensuite jusqu'à l'école. Nous l'avons
quittée hier en bazar, ce matin nous retrouvons 4 salles de classes parfaitement
nettoyées et chacune équipée de bureaux. Tout est fonctionnel, opérationnel.
C'est véritablement à ce moment là que nous réalisons: «On l'a fait !». Notre
objectif est atteint, même dépassé. Aujourd'hui 120 nouvelles places sont
disponibles.
Ce projet à peine abouti, nous pensons déjà à la suite: «et si on installait des
panneaux solaires? », «Il faudrait faire des étagères et acheter des livres»,
«Et les instits, ils n'ont pas de bureaux eux ?» .....
Bref de quoi cogiter dès notre retour en France.
Dernier coup d'oeil sur la photo de Nil, dans le hall et nous quittons le
village, mais pas seuls. Ils sont quelques uns à nous accompagner, comme voulant
retarder le moment de la séparation au maximum.
Un croisement de chemin, et nous nous quittons. Mais dans ces gestes d'adieu
nous lisons un «Au revoir, revenez vite vite chez nous, maintenant vous y êtes
chez vous».
Texte de : Benoit ROSSET
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Les photos | |
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Chap.11 Les paysages et habitants de la vallée du MAKALU
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Chap.12 Dessins d'enfants
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Les photos | |
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Chap.13
PROJET 2010 A SEDUWA
a)
Source de la Cardamone
Cette source à l'altitude de 1730 m se situe en amont
du village proprement dit de Seduwa (1580 m) en pleine culture de la cardamone,
une épice très recherchée dans la cuisine Indienne. En novembre c'est la récolte
de ces
bulbes qui poussent au pied de jolis arbustes très verts. Deep Latchman Parajuli,
le propriétaire des lieux nous raconte l'histoire de ces bulbes qui, cultivés à
Seduwa, s'en iront par portage, après avoir été fumé, jusqu'à Kapani, le début
de la piste en terre où des camions les achemineront en Inde. La source non
captée sort au pied d'un très grand arbre. Elle permettra d'alimente le village
principal de Seduwa situé à environ 600 m de distance.
Texte de : Yves DÉTRY
b)
Source en aval de Seduwa
Lalit Bahadur Rai, le père de Prakash, notre fameux
cuisinier pendant l'expédition au Makalu, nous amène dans son hameau à 1150 m et
à vingt minutes de marche en aval du village de Seduwa (1580 m). Il y a environ
7 maisons un peu éparpillées dans un terrain assez raide. Le projet est d'amener
l'eau depuis cette source dont le débit est conséquent. Aucune distribution
n'est faite pour l'instant. Quelques tuyaux semblent être déjà en place mais les
connexions sont inexistantes. Ici, il s'agira d'aménager un réservoir d'environ
400 litres, de connecter les tuyaux qu'il faudra enterrer et de prévoir les
sorties pour l'irrigation et les différentes habitations.
Texte de : Yves DÉTRY
c)
Réhabilitation du réseau
d'eau de Seduwa
Dans le village de Santi, l'institutrice, situé à
l'ouest de Seduwa, un réseau d'eau a déjà été installé mais rien ne fonctionne.
Les tuyaux ont été sectionnés à plusieurs endroits afin de pouvoir utiliser
l'eau pour les cultures. Plusieurs dérivations devront être créées afin
d'alimenter les divers hameaux. La population est déjà avertie de ce projet de
réhabilitation en eau et elle devra participer à l'enfouissement des tuyaux
l'année prochaine.
Texte de : Yves DÉTRY
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Makalu, une aventure humaine
10 Avril 2008, notre convoi en direction du Makalu I (8463m) fait
étape à Seduwa (1600m) une des dernières bourgades de
la vallée. L’espace d’une journée nous conversons
avec les responsables locaux qui nous exposent les projets en cours et les
infrastructures du village. Nous nous quittons sur quelques mots,
promettant une aide prochaine pour les accompagner dans leurs
travaux; des paroles qui ce jour là,
pourraient sonner comme un éternel refrain prononcé par les occidentaux de
passage. Et pourtant, en cette fin de mois d’Octobre 2009, une
nouvelle expédition va reprendre la route vers Seduwa. C’est
un voyage sans crampons, sans ascension, avec à la clé une construction, celle
de l’extension de l’école du village qui accueillera désormais plus de 300
élèves.
Dès Octobre 2008, l es soirées s’enchaînent
à coups de projections et de débats et notre film « Makalu, la
face cachée de
la pyramide noire » draine de nombreux supporters, fervents
ou non de montagne mais friands de belles aventures. Les
recettes, combinées avec la vente de nombreux articles ainsi que les
donations de particuliers, ont permis de rassembler une somme
généreuse qui alimentera le budget nécessaire aux travaux. Cet
argent sera directement converti en mètres cubes de bois en
tonnes de sable et autres matériaux et il assurera le salaire
de porteurs, maçons et charpentiers qui nous assisterons dans cette
entreprise.
« Nous » ce sont les bleus avec Marc Dreyer l’organisateur du projet,
Olivier Coudurier, Benoît Rosset, derrière les vétérans Yves Détry &
Giuseppe Enzio (Seppi), amis de longue date, tous les deux guides de
haute montagne affichant une toute aussi large expérience sur ce terrain
d’aventure qui est l’action humanitaire . Nous devons beaucoup
à Seppi, une pièce maîtresse dans un puzzle compliqué où
collecter l’argent reste
le plus facile. Appuyés, par son ami de longue date, Sherpa
Chhewang, charpentier de métier, nous voici déjà un pied dans
le Népal avec assez de connaissances pour éviter les « pièges
du métier » et rendre notre action aussi efficace que possible.
En tout cas le projet est déjà lancé, Chhewang s’est rendu sur place, a pu
constaté l’ouvrage depuis notre dernier passage, estimer les
travaux et informer le village de notre venue.
A nous tous de jouer.
Texte: Benoit ROSSET
 Toutes
les photos de notre passage à Seduwa en 2008
27 novembre 2009 journal
''LE PROGRES''

19 novembre 2009 journal
''LE PROGRES''

05 novembre 2009 journal
''LE PROGRES''

29 octobre 2009 journal
''LE PROGRES''

15 octobre 2009 journal
''LE PROGRES''
22 octobre
2009 journal ''La VOIX DU JURA''
08
juillet 2009
C’est à l’automne 2009, fin octobre exactement, qu’une partie de l’équipe
Makalu 2008 partira pour 3 semaines, argent en poche, afin de mener à bien
le projet d’école dans le petit village isolé de Seduwa. Village situé à 5
jours de marche de Tumlingtar ( 400m d’altitude). Cela fait maintenant une
année que nous cherchions le moyen de trouver une personne de confiance et
d’expérience pour nous aider à réaliser cette école dans la vallée du MAKALU
et dès lors, c’est chose trouvé. Effectivement, notre ami Seppi et le sherpa
Chhewang ont décidé malgré leurs nombreux projets en cours de constructions
d’écoles dans la vallée de khumbu Himal, de nous accompagner cet automne
pour diriger cette expédition humanitaire.
Seppi ( Giuseppe Enzio ) est un guide de haute montagne Italien de 57 ans
qui depuis 20 ans réalise des actions humanitaires au Népal dans la vallée
du Khumbu Himal. C’est Yves Détry un ami de longue date, Guide de haute
montagne à Chamonix, membre de l’équipe MAKALU, qui me l’a fait rencontrer.
Depuis quelques années, Yves accompagne Seppi au Népal dans le but de
rénover des écoles et d’amener l’eau dans les villages pour améliorer
l’hygiène de vie de chaque habitant et ainsi éviter les maladies du à la
dicentrie.
Régulièrement, nous nous réunissons avec Seppi pour faire le point et mettre
en place une stratégie.
Le but étant dans un premier temps, d’envoyer notre ami sherpa Chhewang à
Seduwa, pour voir l’état d’avancement de l’école, prendre des photos, et
discuter avec les représentants du village pour leur signaler notre arrivée
en automne.
Chhewang, sherpa dans la vallée du Khumbu, habitant à Namche Bazar, est
l'homme de confiance de Seppi depuis des années. Ils travaillent les deux
mains dans la mains, pour mener à bien différentes actions humanitaires dans
les écoles.
Chhewang est l'homme à tous faire, il excelle dans différents corps de
métier pour réaliser ces écoles.
Il
doit venir quelques semaines chez Seppi début juillet.
Ainsi, nous pourrons organiser une réunion et connaître l’état d’avancement
de l’école grâce aux informations de Chhewang.

AVANCEMENT PROJET
10
mars 2009
L'esprit de notre expédition, grâce à
vous, grâce aussi aux népalais que nous avons côtoyés et aux membres de
l'expédition, perdure et perdurera à la faveur de notre projet humanitaire.
Nous voulons et devons vous tenir au courant de la
façon dont ce dernier évolue.
Rien au Népal n'est facile, pour des raisons évidentes
de difficultés de communications auxquelles s'ajoutent les questions
administratifs multiples et parfois décourageantes lorsqu'il convient de leur
trouver des solutions. Mais, découragés, nous ne le sommes nullement. Les fonds
qui nous ont été confiés ne peuvent simplement pas être envoyés là bas sans
qu'au préalable nous ayons la conviction qu'ils seront utilisés aux seules fins
pour lesquelles vous nous les avez généreusement donnés.
Aussi devons-nous créer, tant à Kathmandu qu'à Seduwa,
les structures humaines à qui nous confierons le soin de réaliser les devis,
d'obtenir les autorisations, mais aussi de gérer les fonds et de s'assurer
qu'ils permettront de régler les entreprises et les personnes à qui auront été
confiés travaux et achats divers.
Nous nous attachons, depuis plusieurs mois, à franchir
les obstacles permettant de parvenir à démarrer sur place le chantier de
construction et si nous avançons lentement c'est pour mieux apprendre,
comprendre et afin de pouvoir progresser lorsque les conditions seront réunies.
Plusieurs fois nous avons songé à aller sur place en pensant que notre présence
seule permettrait d'accélérer le processus de réalisation effective de l'école.
Mais il nous a fallu nous rendre compte que nous aurions consacré à ces
déplacements beaucoup de temps, beaucoup d'argent, sans avoir aucunement la
certitude que nous serions arrivés à bon port.
Si nous osions une comparaison, nous dirions que la
réalisation de l'école est un sommet, et que nous accomplissons actuellement le
trek menant à son Camp de Base dont l'accès est rendu délicat par toutes les
précautions qu'il convient de prendre si l'on veut ménager les forces
nécessaires permettant l'accès au sommet.
Nous savons que nous vous devons des comptes, et vous
devez savoir que nous vous en rendrons. Vous deviez savoir aussi que le chemin
menant à la construction de l'école de Seduwa est un sentier pour le moment
ingrat et qu'il nous faut prendre mille précautions pour préserver et faire
fructifier les fonds que vous nous avez confiés.
L'équipe MAKALU 2008
15 décembre 2008
Voici
quelques jours nous avons eu la possibilité, à Kathmandu, grâce à Arnauld, notre
envoyé spécial sur place, de nous entretenir avec Pemba de notre projet d'école
à Seduwa. Il nous est apparu en effet que, avec Pemba, qui a si magistralement
organisé sur place la logistique de l'expédition et qui a animé non moins
magistralement l'équipe des sherpas, il nous serait possible de mettre en place
les procédures permettant d'investir l'argent collecté sans prendre le risque
que celui-ci traîne ici et là dans des circuits difficilement contrôlables.
Pemba a accepté d'être notre intermédiaire, tant auprès du Ministère népalais de
l'Éducation qu'auprès des autorités locales à Seduwa. Au moment où nous écrivons
ces lignes, Pemba se trouve au village de Seduwa et doit lister avec Parkhas,
l'un des sherpas qui nous a accompagnés au Makalu, les moyens matériels et
financiers à mettre en œuvre pour mener à bien ce projet d'école qui nous tient
tant à cœur.

Parkhas, et son Père, adjoint au Maire, sont originaires de Seduwa où ils
habitent. Ce sont donc des interlocuteurs tout à fait crédibles et Pemba attend
d'eux qu'ils s'impliquent dans la construction de l'école. Nous attendons donc
avec impatience le retour de Pemba, qui est parti à Seduwa, à plusieurs jours de
marche de Tumlingtar (voir le parcours de trek de l'expédition) uniquement pour
faire avancer la construction de l'école, pour connaître dans le détail les
premiers devis et la planning des travaux. Nous pensons ultérieurement ouvrir un
compte bancaire à Kathmandu, au nom de l'association qui aura donné à Pemba le
pouvoir de retirer les fonds nécessaires à leur financement. Ces travaux ne
seront réglés qu'au fur et à mesure de leur avancement, dont nous aurons
connaissance grâce à des photos qui devront nous être envoyées par Parkhas ou
l'un des responsables du chantier à qui nous allons confier un appareil
numérique.
Nous ne manquerons pas de vous informer, ici même, de la façon dont évolue ce
projet, qui fait l'objet de toutes nos attentions, mais que la distance et
l'hiver népalais qui arrive, ne nous permet cependant pas, aujourd'hui, de
maîtriser encore comme il conviendra de la maîtriser dans sa phase active.
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Parce que nous avons pris, sur le plan
de l’aide humanitaire, des engagements, vis à vis de tous ceux qui nous ont
soutenu, qu’ils soient particuliers, entreprises ou collectivités locales, mais
également vis à vis de nous mêmes, il nous semble important d’effectuer un bilan
d’étape, au regard de ce à quoi nous nous sommes sur ce plan-là engagés.
Notre projet, élaboré tout au
long de l’année 2007, constituait à nous intéresser tout particulièrement à
l’école d’un village reculé de la vallée de l’Arun, vallée que nous allions
traverser, afin de mettre en œuvre des moyens permettant à cette école
d’accueillir et d’instruire un plus grand nombre d’enfants, provenant notamment
d’autres villages environnants ne disposant pas d’école.
Nous avons choisi le village
de Seduwa en raison précisément de son éloignement, de son école primaire
existante, en raison aussi des possibilités que nous avions identifiées de
trouver là bas un interlocuteur qui pourrait suivre notre projet, nous informer
régulièrement de son avancée ou de son retard, et nous rendre compte également
de la façon pratique dont les fonds disponibles étaient dépensés.
Lorsque nous sommes parvenus à
Seduwa, le 9 avril dernier, nous avons aussitôt pris contact avec les
responsables politiques et administratifs locaux afin de leur exposer notre
souhait de contribuer, de façon pérenne, à la scolarisation, dans des conditions
les moins mauvaises possibles, du plus grand nombre souhaitable d’enfants.
Notre propos, on s’en doute, a
été accueilli avec enthousiasme par nos interlocuteurs, dont l’un et non des
moindres, s’est trouvé être le propre Père de l’un de nos sherpas, Parkhas, qui
nous a servi d’interprète tout au long de nos conversations du 10 avril. Ce
jour-là était une date mémorable pour le peuple népalais, puisqu’un vote était
organisé afin d’élire les députés qui allaient, quelques mois plus tard, abolir
la monarchie et établir la première république du Népal. Mais ce jour-là aussi,
l’école était fermée, et ce depuis plusieurs jours et pour plusieurs jours
encore. Le directeur de l’école était parti dans son village pour y voter, les
instituteurs étaient absents pour les mêmes raisons, de telle sorte que nous
n’avons pu véritablement faire un audit des besoins. Constatant cette situation,
devant l’impatience des autorités locales à connaître la somme d’argent que nous
pouvions mettre à leur disposition, nous avons dû tempérer leur enthousiasme,
tout au moins momentanément.
En effet nous n’étions pas
porteur d’une quelconque somme d’argent, mais nous avons dû expliquer qu’avant
d’engager quelque dépense que ce soit, nous voulions connaître et comprendre les
besoins.
Aussi avons-nous visité
longuement les deux petits bâtiments accueillant une centaine d’enfants de 5 à
15 ans, et nous nous sommes faits expliquer leur propre projet de développement
illustré par la construction en cours, d’un troisième bâtiment, dont la date
d’achèvement nous a semblé très vague, faute de moyens.
Nous avons donc demandé à
Phurkhas, en présence des notables, lorsqu’il reviendrait à Seduwa, d’établir
avec eux un budget permettant d’achever rapidement l’école et de doter les trois
bâtiments de matériels éducatifs propres à améliorer les conditions de
formations des élèves. Aujourd’hui nous sommes dans l’attente de ces
informations qui devraient nous parvenir dans quelques semaines.
Cette matinée mémorable par
les contacts confiants, cordiaux, voire même affectueux avec les élèves présents
sur le site bien qu’en vacances, nous a convaincus de poursuivre notre but, même
si nous avons réalisé à quel point nous étions encore bien loin de l’atteindre.
Nous avons en guise d’adieux et de remerciements laissé sur place quelques
filets de volley-ball, puis nous avons poursuivi notre périple qui, le soir
même, devait nous permettre de distribuer à tous les enfants d’un autre village,
Tashigaon, encore plus reculé que Seduwa, une impressionnante quantité de
vêtements que nous avions rassemblés grâce à la générosité de donateurs des
villages dans lesquelles nous habitons dans le Jura.
Quelques jours plus tard nous
entamions la partie véritablement engagée de l’expédition, quelques semaines
plus tard, Nil disparaissait. Ce drame, la disparition d’un sherpa, d’un ami à
la personnalité exceptionnelle, nous a si bouleversés que nous avons alors
décidé de consacrer autant de temps et d’argent que possible à venir en aide à
ceux que Nil aidait et aimait. Non que nous puissions nous substituer à lui en
aucune façon, mais parce que nous avons entendu qu’il nous demandait
d’intervenir, de consoler, de rassurer, de donner.
Nous avons alors, avec sa
compagne, avec tous ceux qui l’ont pu et voulu, élaboré et mis en œuvre un
début de structures d’accueil des bonnes volontés et des fonds. Cette
action indispensable à nos yeux, qui ne fait que commencer, nous a, pour un
temps détourné de Séduwa où nous reviendrons très prochainement, en action plus
qu’en paroles, en argent plus qu’en promesses d’argent. Quelques milliers
d’euros permettent au Népal, et dans ces régions difficiles d’accès, de réaliser
des miracles. Nous maintenons ferme notre volonté de permettre à ces miracles de
voir le jour et nous continuerons à vous tenir au courant de nos réflexions et
aussi, et surtout de nos actions qui verront le début d’un accomplissement en
2009. Nous repartirons à Seduwa, nous nous y sommes engagés, et vous serez
informés, les premiers, de notre parcours à la rencontre de ceux qui attendent
de nous de l’aide, avec la patience, le sourire, la tolérance, la gentillesse
qui caractérisent les népalais.
Texte
d’Arnauld de Fouchier membre de l’équipe Makalu 2008
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Réunion à Seduwa avec
les officiels du village

Rassemblement de
quelques élèves dans la cour de l’école

Visite d’une salle de
classe

Salle de classe de
l’école actuelle

La nouvelle école en
construction
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