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17 mai 2009 : Retrouvailles au Mont DOLENT sur l'arête Gallet
C’est sur ce même Dolent que j’ai rencontré Marc en Avril 2006, avec en tête le projet Makalu. Concours de circonstances, nous voici sur ce même sommet pour une journée de retrouvailles tardives en cette saison 2009. Alwin le géant est aussi de la partie et tout se petit monde se retrouve pour une désormais périodique nuit dans la bagnole la veille du départ de la course, ici à la Fouly, avant de chausser vers le Dolent (3823m) par la Gallet. Dans la nuit noire du petit matin, des frontales s’agitent déjà au dehors. Une première équipe a déjà mis les voiles, puis quelques temps après, une seconde. Le Marco sort de la voiture à moitié à poil : « Eh c’est toi François ? », eh bien oui c’est le même François et son copain, rencontrés la semaine précédente sur ce même itinéraire après avoir buté sur des mauvaises conditions. Pour nous il est encore un peu tôt, attendons le petit jour pour avaler un rapide café, tremper quelques BN et mettre les skis à dos pour rejoindre les premières neiges vers 1850m. L’itinéraire décrit d’abord une large boucle qui remonte la Combe des Fonds pour contourner les dalles des Reuses du Dolent et finalement rejoindre le petit bivouac de la Maye à 2667m, visiblement fréquenté la nuit dernière. La face Est du Dolent baigne dans le soleil et notre montée est abritée du Foehn qui sévit en altitude. Nous ne tardons pas à rejoindre un premier binôme puis à poser les skis avant la rimaye. D’ailleurs un des skis proto de Marc vient tout juste de déposer le bilan, la fracture est nette et au moins celui-ci sera tout content de se laisser trimbaler dans les dos. Les dernières chutes de neige ont déposé une importante couche dès 3300m et nous pouvons généreusement remercier nos prédécesseurs les belles marches taillées dans ce premier couloir raide. D’ailleurs nous ne tardons pas à rejoindre ce petit monde, François est à la trace devant, séparé de nous par une équipe de quatre randonneurs. Nous sommes collés derrière, laissant le temps à chacun de suivre le fil d’une arête qui bascule sur la face Nord regorgeant de poudreuse. « Eeeh mais c’est le team du CAF Pays de Gex », en fait que des connaissances toujours difficile à identifier ici en montagne quand on est bardé d’un bonnet et de lunettes. Décidemment, c’est une systématique, tout le monde se retrouve au Dolent ! Je n’avais jamais vu cette face aussi bien chargée et la descente par cet itinéraire, bien que raide et exposée, nous démange les spatules. Pour l’instant nos amis ont déjà bien bossé et c’est à nous de reprendre le flambeau pour tracer les derniers 300m qui nous séparent du sommet. Au Sud, une épaisse purée a pris possession du décor dès 3600m, mais pour Marc, avec un seul ski en état de glisser il faudra faire au plus simple et nous engager dans la voie normale. Dans la série comique, le second ski va lui aussi se briser dès les premiers virages, laissant le Marco avec une paire de chaussures de clowns aux pieds. La suite est moins hilarante car il reste une longue descente, gagnée mètres après mètres pour retrouver le bon chemin. Dans cette neige très humide, notre Marco est rétrogradé au rang de piéton, enfonçant profondément à chacun des ses pas et nous décidons avec Alwin de tirer sans plus attendre à la voiture pour récupérer une paire de réserve (eh oui, quand on teste des protos, mieux vaut assurer le coup). Une bonne idée, finalement vaine, car Marco et ses grandes jambes auront vite fait de dévaler la Combe des Fonds avant de pouvoir lui apporter notre aide. Juste le temps de squatter une douche chez le « Dédé Nanar » de la Fouly, descendre une petite bière en compagnie de nos amis du CAF, et nous filons vers Chamonix pour rencontrer Seppi, un type formidable qui va beaucoup nous aider pour le projet d’école à Seduwa.
Texte de : Benoit ROSSET
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20 mai 2009 : Succès sur l'arête nord de l'EVEREST pour Ludo et Christian
C’est au
terme de 2 mois d’expédition, que 2 membres de l’équipe Makalu, Christian
MAUREL et Ludovic CHALLÉAT, ont réussit le 20 mai 2009 l’ascension de
l’EVEREST par l’arête nord côté Tibétain. Tous les 2 sont summiter du Makalu
8470m au printemps 2008. Toutes nos Félicitations à tous les 2 L’Equipe MAKALU
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21.22.23 mai 2009 : Raid à ski en Oberland sur le Gross Wannenhorn 3905m
et le Finsteraahorn 4273m
Il est déjà tard ce soir là quand le Jumpy se fraie un chemin sur une petite route désaffectée dans les hauts de Münster (Vallée de Conches). Un décor du genre "C'est là que David Vincent les a vu ...", sauf que dans ce cas précis c'est nous, les envahisseurs venus du 39. Le lendemain, un long parcours nous attend pour rejoindre la cabane d'OberAAAaaaRRRjoch perchée à 3200m et à notre agréable surprise nous pourrons cacher nos baskets d'approche dès 2000m avant la Galmihorn Hütte. De vielles traces montrent un semblant d'itinéraire que notre carte 264S de la Jungfrau ne révèlera pas, maintenant si on ajoute un peu de neige et de nuages, on se retrouve vite paumés sur une arête en marge de la "voie normale", à patauger dans la neige pourrie jusqu'aux cuisses. Lueur d'espoir le sommet là-bas au fond ressemble bien à l'OberAAAaaaRRRhorn, et la cabane pourrait bien se terrer sur ce promontoire .... Eh bien finalement non, on est encore sous la Galmilicke (3200m) l'ultime col à franchir après d'incessantes montées, descentes, traversées à flanc et autres faux plats. Enfin le grand Oberland est en vue, FinsterAAAaaaRRRhorn (RRRR) en tête, coiffé de nombreux nuages avec en prime un vent décoiffant (dommage pour le brushing de Marc). Pas contre la porte d'entrée de la cabane n'est pas encore en vue, il faudra d'abord descendre, tirer à plat puis remonter pour enfin rejoindre Oberaarjoch, sa cabane, et Kurt le gardien qui tient ces lieux dans un état impeccable ... autant dire qu'il nous est difficile d'essorer nos peaux comme des chaussettes au dessus du poêle à bois. Après avoir éclusé quelques bières pour étancher la soif engendrée par ces 2400m+, nous comprenons que nous ne serons pas beaucoup en ces lieux pour les prochains jours, six, huit maxi. avec Kurt car la météo médiocre du jour suivant a freiné l'ardeur de bon nombre de randonneurs. Pas besoin de se brusquer ce Vendredi matin car le climat ambiant n'est vraiment pas top comme on dit dans le jargon. Nous tentons une sortie vers 8h30, dans une neige de bouillasse qui nous oblige à nous encorder pour glisser (ou couler) vers le Fieschergletscher. En face, le Gross Wannenhorn (3905m) subit les assauts du vent mais laisse parfois entrevoir son sommet au gré des nuages. Nous retrouvons une neige "acceptable" vers 3500m et nous sommes finalement satisfaits de pouvoir fouler le sommet rocheux, coupé de la neige par une vingtaine de mètres d'arête rocheuse. La descente débute agréablement, mais pour la suite, il semblerait que Kurt notre gardien ait farté les skis des Frouzes au miel Valaisans car autant dire que la glisse se négocie moyennant une trajectoire balistique dans une pente modérée. Pour varier le plaisir, bien qu'il soit tout retenu dans cette mélasse, nous déciderons d'évaluer notre itinéraire pour le lendemain en remontant un raide couloir qui débouche à la Gemschlicke, le col entre le Finsta et son rothorn. Redescente, puis re-montée et nous voilà de nouveau dans l'antre de Kurt ... et toujours pas de Suédoises pour partager la table du soir. Dans le même temps, C., une Suédoise locale, nous passe les nouvelles par téléphone : Ludo et son équipe viennent de réussir leur ascension de l'Everest par le versant Tibétain. Demain, nous partirons pour le FinsterRRRaaaaRGGGGH (4273m), certes moins haut que le toit du monde, mais ici, notre concentration est fortement entamée pour comprendre le dialecte local, provoquant des maux de tête proche de l'oedème .... donc on dira que ça a été aussi difficile que l'Everest ! (si si si). Aujourd'hui la météo s'annonce belle et le regel nocturne a eu l'effet escompté. Notre petit raccourci tracé la veille nous permet de longer l'arête Sud Est jusqu’au point 3616 et nous rejoignons rapidement l'Hugisattel (4088m) pour y déposer nos skis. En tout cas tout le monde s'est passé le mot pour faire le sommet ce jour là car des cohortes de randonneurs sont déjà là, partis très tôt de la cabane du Finsta. Les quasis 200 m qui restent se négocient en crampons le long d'une arête bien tracée mais bien encombrée par de nombreux groupes emberlificotés dans leurs cordes. Le sommet est magnifique et la vue sur l'Oberland est imprenable ce matin là, récompense de notre patience les jours précédents. Nous rentrons par le même itinéraire avec une halte à notre "dépôt" glacier, puis nous remontons à la Galmilicke sous un soleil de plomb avant d'embrayer le retour vers Münster, bien heureux de déchausser vers 1900m, et pour ma part, bien malheureux de ne pas avoir retrouvé mes baskets soigneusement cachées deux jours auparavant !.
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29.30 mai 2009 : Raid à ski en Oberland au Nesthorn
3824m et à l'éperon sud de l'Aletschorn 4194m
Dans la suite de cette reconquête du Haut-Valais à ski, notre charrette « Jolly Jumpy » conduit au bout de la nuit deux « poor lonesome » randonneurs vers Fafleralp, petit hameau bucolique et ultime trou de bale du Lötschental, pour un dernier règlement de compte à « OK Oberal » avec quelques sommets voisins (en tout cas pour cette saison). Le premier adversaire est de taille et ne se laissera pas approcher facilement alors nous optons pour une super idée : partir de nuit pour ne pas se faire repérer !!. Notre progression dans les pentes Nord Ouest en direction du Beichpass (3128m) est ralentie par de nombreuses coulées laissant un fracas de blocs de neige et de glace encore gelés qui se négocieront finalement à pied. Nous poursuivons dans l’ombre du Lötschentaler Breithorn (3785m) et des rochers de LonzaHörner ; dès le col franchi, le soleil illumine déjà le Nesthorn (3822m) et sa face Nord imposante … c’est avec lui que nous avons rendez-vous. Le cirque glaciaire formé par celui-ci et son voisin Breithorn est impressionnant, et sous ce soleil écrasant, prend des allures himalayennes. L’heure tourne et le soleil joue contre nous, tentons ce passage en écharpe par la droite qui nous évitera de redescendre sur le Beichglestcher à 2800m, mais à vouloir gagner du temps sans sortir la carte la route se termine sur une pente suspendue, cul de sac défendu par une « marche » de cinquante mètres … et là, pas question de louper la conversion du demi tour à quelques mètres du saut ultime ! Depuis le bas, le passage est évident, une pente centrale bordée de part et d’autres par quelques tours de glace croulantes qui renforcent la dimension de ce décor et notre vigilance en raison de la neige déjà bien détendue. C’est le passage délicat avant de déboucher sur un large plateau que nous négocions plein Sud Est en direction du premier ressaut mixte qui mène au sommet, point de dépôt pour les skis (3508m). Pas une âme à l’horizon, ciel bleu à perte de vue et seules quelques vielles traces du week-end précédent ont survécues au vent modéré et aux précipitations de la semaine. Il nous reste encore 300m à gravir en trois ressauts par cette très belle arête Ouest, longue mais roulante, laissant libre cours pour contempler les sommets alentours. A votre gauche l’Aletschhorn (Euuuhhhh), à votre droite le Bietschhorn (Aaaahhh) dirait le guide aux touristes ébahis. Le temps d’une traditionnelle pause photo, puis retour sur nos pas avant de profiter de quelques jolis virages en essayant « de se faire léger » au franchissement des zones à risque. A 2800m le profil de la descente n’est plus le même, plutôt une allure de piste d’atterrissage pour A380 et nous ne tarderons pas à ajuster les bâtons en position maxi pour s’économiser sur ces 4kms qui nous séparent des échelles et des derniers 100m+ qui mènent à la cabane d’Oberaletsch. Quoi de plus magnifique que d’avoir arpenté 2800m+ dans ce cadre sauvage et d’arriver ici, devant ce petit refuge d’hiver très « cosy », digne de « La petite maison dans la Prairie » ? … dommage tout de même qu’Heidi ne nous attende pas avec une petite bière pour réconforter nos gosiers assoiffés. Le soleil brille toujours, rien de tel pour lézarder en terrasse, se refaire une santé et contempler la mine de belles courses qui gravitent autour de ce refuge. Ce qui nous contrarie le plus dans cette prochaine étape, c’est ce long retour à Fafleralp car la météo annonce un soleil de plomb et nous sommes peu enclins à nous laisser rôtir sur le Beichgletscher. Nous quittons le refuge à 3h, soucieux de laisser les lieux dans l’état impeccable où nous l’avons trouvé en remplissant comme d’habitude le cahier de course témoin de notre passage. Cette fois, cap au Nord pour l’éperon sud de l’Aletschhorn (4193m), il a bien regelé cette nuit là et la glisse est bonne sur les 2kms de plat qui nous séparent des premières pentes à l’aplomb du Geisshorn. A 3300m, une barre de sérac marque le dernier passage raide avant le plateau à la base de l’éperon, La frontale de Marc est une centaine de mettre à ma gauche, séparée par une ancienne coulée. Cette fois pas question de se faire blouser comme la veille, j’ai sorti la carte et me conforte que je suis sur le bon chemin et tirant à droite jusqu’au flanc de l’arête Sud Est. J’amorce la partie raide mais je ne vois plus la frontale du Marco … je me dis qu’il est allé « envoyer un fax » ce qui est coutume, alors je continue et finalement je domine tout le plateau inférieur. Toujours pas de signe de mon équipier, j’appelle, je hurle et toujours pas d’écho. « Bon sang, il a fini par se fourrer dans un trou ». Je remets les crampons pour redescendre et prépare le matériel que l’on n’aime pas utiliser ... et voilà pas le Marc qui sort de nulle part ayant taillé la route je ne sais où. C’est que je lui ai quand même fait parler du pays car on se pose vite beaucoup de questions dans ces circonstances et finalement nous tirons la leçon qu’une radio serait utile. Bref, ça repart, la base de l’éperon est en vue à 3700m et nous y laisserons nos skis pour poursuivre en crampons sur les 500m qui nous séparent du sommet. La pente est raide sans être difficile et la neige est bien portante, c’est le charme de ces courses de fin de saison, approcher rapidement à ski et terminer à pied pour fouler ces sommets qu’il est toujours très fastidieux de fréquenter en été. Nous sommes seuls, quelques randonneurs émergent de la route en provenance du Mittelaletschbivoak et le ciel est encore dégagé pour admirer les massifs alentours dont le Finsta au Nord Est. Encore, mais par pour longtemps car l’Ouest et bien chargé et la météo aurait tendance à devenir plus capricieuse que prévue. Le soleil n’a pas encore frappé ce versant, nous dévalons rapidement l’éperon et chaussons les skis sur une neige encore béton, mais tant pis, on sera vite de retour sur le Beichgletscher. Le Nesthorn et le Breithorn sont déjà pris dans les nuages et dès que nous abordons la remontée au Beichpass la neige et le vent fort nous cueillent de plein fouet. Finalement nous ne sommes pas mécontents d’avoir mis le réveil un peu plus tôt, permettant ainsi de profiter de l’ascension dans les meilleures conditions. Pas mécontent nous plus de mettre les skis pour glisser loin de ce temps de misère et retrouver Fafleralp. Pourtant nous croiserons en chemin deux zigotos dont un en raquette, surf en bandoulière, 50m de corde et pas de crampons. Nous avons été clairs : Si vous pensez être à la cabane dans une heure c’est possible si vous êtes aussi rapide que S. Brosse ; si vous pensez faire l’éperon Sud de l’Aletschhorn sans crampons c’est aussi possible si avez été formés U.Steck … bref, bien sympas les gaillards mais un tantinet à côté du sujet. Bien heureux de trouver quelques lambeaux de neige pour rejoindre le fond de la vallée, une petite heure de marche nous sépare de la voiture sous une météo automnale, avec dans la tête deux très belles journées pour clôturer cette saison de ski de rando.
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