Il fut des nuits du Makalu où
nous parlions en tonnes de fret, en mètres de cordes, en heures de
téléphone, en kilo octets de mails ... mais pour cette 6ème édition, il
s'agit de litres de bière, de marquisette, de cubitainers de vin, de
kilos de saucisses et de mètres cubes de buffet. Rien à voir avec nos
précédentes réunions studieuses en comité restreint, puisque cette fois
ci, nous nous retrouvions à près de 140 pèlerins pour fêter ce retour du
Makalu, bien assez pour redonner vie à l’ancienne scierie de la famille
qui fêtera ses 107 ans.
C'est beaucoup et c'est
peu à la fois car notre objectif était de réunir toutes celles et ceux
qui nous ont soutenu pour mettre sur pied ce projet. L'infrastructure en
place ne nous permettait pas d'étendre davantage la liste des invités
mais toute l'équipe se fera un privilège de commenter cette aventure
lors des futures projections de notre film intitulé ‘’LA FACE CACHÉE DE
LA PYRAMIDE NOIRE’’.
Ça s’annonçait chaud bouillant
depuis quelques semaines pour cette 6ème Nuit du Makalu
méticuleusement organisée par le père de Ben, et appuyé par une partie
de l’équipe pour installer de nombreuses décorations aux couleurs de
l’Himalaya et reflétant l’esprit montagnard de ce grand rassemblement.
Drapeaux à prière par si, drapeaux à prière par là, visages d’enfants du
Népal, paysages idylliques, photos de l’équipe au sommet, tout y était
comme si nous y étions encore, y compris les odeurs d’encens qui
inondaient la salle.
Ce soir là, pas une seule
personne ne connaissait tout le monde et aucune ne connaissait personne.
C’est autour de la machine à bière pression et de la boille de
marquisette maison aux fruits rouges que se sont faites les
présentations.
C’est vers 16h30 que
Denis Rosset débita quelques plateaux de façon très artisanale avec une
scie manchote entraînée par la turbine à eau mise en service en 1906.
Dans le même temps nous profitions de l’accalmie météo (et de notre état
encore sobre) pour que les futurs locataires posent leur tente dans le
champ situé à proximité, formant au fil des heures un véritable camp de
base.
Malgré un ciel parsemé de
nuages, le soleil laisse entrevoir quelques rayons qui réchauffent déjà
l’atmosphère, juste de quoi attaquer la « partie mixte » en plein air,
avec une équipe à l’assaut des 140 litres de bière par la face W et une
autre qui se lance (se plonge) dans la face S des 30 litres de
marquisette. Quoi qu’il en soit, ambiance et bonne humeur sont au rendez
vous, et pour l’occasion, l’équipe Makalu arbore une tenue à la
« Magnum » avec chemise aux couleurs Hawaïenne et sombrero multicolore.
22h00 déjà !. Il est temps de
déplacer cette foule vers un copieux buffet d’entrées composé par nos
invités, digne de nos repas gargantuesques certains jours d’expédition.
Denis, le maître des lieux à l’allure de nounours, costaud, d’une
gentillesse incommensurable, maîtrise totalement la situation, la
routine pour lui. Accompagné des inoxydables vétérans de « la bonne
équipe », le groupe s’affaire aux fourneaux, avive les braises pour y
griller 150 côtelettes et 300 saucisses, une équipe de cook de luxe que
nous aimerions bien emmener avec nous au Pakistan pour notre prochaine
expédition. Le seul problème c’est qu’ils ne boivent pas vraiment du
thé ! …Il n’aura pas fallut longtemps avant que tout soit englouti dans
nos bedaines qui, depuis notre arrivée en France, ne cessent de grossir
a vu d’œil par manque d’activité physique.
Minuit sonne. Il est temps pour
Ludo notre caméraman et François notre compositeur de musique de donner
le ton et l’allure de cette soirée en passant aux choses sérieuses.
Il aura fallut 52 minutes
de projection pour voir s’illuminer les yeux de toute la salle car seuls
Ludo, Marco et François avait visionné le film auparavant, ce fut donc
une véritable découverte pour le restant de l’équipe et tous nos amis
présents ce soir là. Grandiose, magnifique, spectaculaire, émouvant,
humour, amitié, voici les mots qui ressortiront de notre public pour
cette avant-première.
Après un buffet de desserts
toujours makaluesque, « Gaston le frelon » et « DJ Fanfoué », qui
totalisent déjà une nuit blanche, montent le volume, activent la machine
à fumée et enchaînent les tubes sur fond de films de glisse. Les heures
filent et il nous est difficile de dire s’il est tard ou s’il est tôt.
Les prétendants à la fièvre du samedi soir s’amenuisent lorsqu’à 4h30,
cinq nouvelles têtes déboulent en tenue de gendarmerie nationale … alors
que nous avions recommandé la chemise à fleurs. A priori ils ne sont pas
venus pour danser … ni pour verbaliser mais néanmoins nos décibels
semblent agacer quelques voisins contrariés. Dommage que personne n’ait
été coffré, certains auraient bien mieux dormi au « frigo » que sur le
parterre de la scierie.
Une fois encore nous avons vécu une soirée inoubliable sous
le signe de l’amitié et de la générosité grâce aux nombreux dons versés
à la famille de Nil.
