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14 fevrier 2010 : Couloir central du
Grand Golliat 3238m, une journée pas comme les autres
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Après une journée idyllique passée dans la région
du Grand Saint Bernard, nous venions une fois de plus, de placer la barre très
haute. Je vous avoue qu'à présent, il nous paraissait difficile, de trouver une
course similaire et aussi complète, dans la région de la Fouly, village
d'altitude, ou nous avions décidé d'établir notre camp de base pour y passer la
nuit du samedi. C'est le Carnaval en suisse ainsi que les vacances scolaires, la
petite station est en effervescence, l'ambiance en Valais est vraiment
chaleureuse.
Cette petite escapade que nous venions de réaliser, n'était pas sans laisser de
trace sur l'état de fatigue de nos compères. De 5 personnes, nous passions au
binôme inséparable, Ben et Marco.
Repas gastronomique, arrosé d'une bonne bière à L'Hôtel des glaciers chez Dédé
Nanar.
Nous rejoignons notre confortable dortoir et décidons, après avoir regardé la
carte du coin que nous allions tenter le couloir central du Grand Golliat
s'inclinant à 45°.
21h00 extinction des feux sur fonD de musique de reggae venant de la piste
éclairée se trouvant à proximité.
7h45 du matin, -18°c, ciel dégagé, pas de vent. Le parcours d'approche du Grand
Golliat est réputé long et plat dans un premier temps, mais la beauté des
sommets aux alentours rend la course passionnante et pleine de charme.
Non, non ! Vous avez bien compris, Marco parle bien de montagnes et non pas de
femmes.
Le rythme est beaucoup moins soutenu que la veille, nous prenons un peu plus le
temps d'admirer le parcours et de prendre des photos pour mieux revenir plus
tard. C'est un secteur montagneux avec un potentiel de ski de rando énorme, du
sauvage à l'état pur, un peu comme nous.
Au fur et à mesure que nous progressons, le paysage se découvre et nous laisse
entrevoir les sommets dentelés du Grand Golliat.
Nous restons ébahis devant un tel spectacle, nous ne regrettons en rien le choix
de notre décision de réaliser cette sortie.
Amoureux, passionné, sont les mots justes qu'il faille utiliser pour décrire nos
2 compères.
Le couloir atteint, pas une trace ne le défigure, il nous attend les bras
ouverts avec ses 60cm de poudre qui le recouvre.
Le véritable combat va se jouer entre lui et nous. Brasser, encore et encore,
telle est notre destiné du jour pour qu'une fois arrivés en haut nous puissions
y laisser notre signature.
Les 50 derniers mètres ne sont pas skiables, trop de cailloux, nous creusons une
plate forme de fortune pour y chausser nos skis et en avant l'Aventure.
Une descente de fou, pas assez longue à notre goût, laisse présager une suite
fabuleuse dans le reste de notre parcours puisque nous décidons d'enchaîner avec
l'aiguille des Angroniettes. Nous basculons côté Nord Est pour rider sur
d'immenses étendues de poudre vierge que nous avons remarqué en montant et ainsi
rejoindre le val Ferret en évitant cette longue partie plate.
A notre grande surprise et malgré une épaisseur importante de neige fraîche, le
manteau neigeux reste stable et homogène, mais cela ne nous empêche pas d'être
très vigilant et d'avoir en tête que seul la montagne est juge arbitre de notre
sort.
Nous arrivons à la voiture vers 16h00 après 7h41 de ski, la tête complètement
overdosée de paysages éblouissants. Nous ne songions pas un seul instant
réaliser mieux que la sortie de la veille, nous avions tort de penser ainsi.
"Les montagnes ne vivent que de l'amour des
hommes. Là où les habitations, puis les arbres, puis l'herbe s'épuisent, naît le
royaume stérile, sauvage, minéral ; cependant, dans sa pauvreté extrême, dans sa
nudité totale, il dispense une richesse qui n'a pas de prix : le bonheur que
l'on découvre dans les yeux de ceux qui le fréquentent"
Gaston Rébuffat

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13 fevrier 2010 : Couloir de l'Epée 3605m et
passage du col de Corbassière, un petit bonjour au Grand Combin
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C'est après de nombreux jours de neige et de froid,
que nous décidons, après accalmie, de partir 2 jours dans la région du
Val Ferret, titiller quelques couloirs, avaler quelques milliers de
dénivelés et de poudre blanche.
Deux ou trois coups de téléphone et nous voici, Marc le petit suisse,
Catherine, Vincent, Ben et Marco tous réunis une fois de plus, pour
passer un bon moment en montagne, sauf que cette fois-ci, au petit
matin, il fait déjà -17°c à 1600m d'altitude. Bonjour les naseaux, et je
ne vous parle même pas des mains ! C'est dans ces moments là que vous
vous dites qu'un bon caleçon en laine polaire serait le bienvenu.
8h15, c'est skis aux pieds que nous décollons de Bourg saint Pierre en
direction du Rithord et du col de l'Epée. Ben comme à son habitude,
démarre sur les chapeaux de roues et tout de suite, nous sentons nos
petits muscles se réchauffer malgré la température. Les paysages sont de
toutes beautés et contrastés sous ce ciel bleu Marine. La neige est en
abondance et de qualité, mais attention tout de même aux faces ouest
ayant été balayées par le vent les jours d'avant. Elles laissent
apparaître quelques rochers sous jacent venant lécher nos semelles de
ski. Pour cela et à la vue d'une trace fraîchement réalisée par une
équipe de randonneurs, nous décidons de nous engager dans le couloir de
l'Epée qui mène à un col à 3605m d'altitude, pour basculer et prendre
pied sur l'énorme glacier de Panossière. C'est avec beaucoup de respect
et d'admiration qu'une fois de plus, nous passons devant la mythique
face Nord du Grand Combin 4314m, cette année dénudé de neige et plâtré
de glace vive. Nous remontons ensuite sur le col de Corbassière 3519m
avec cette sensation d'être seul au monde sur cet énorme plateforme
glacière. A notre grande satisfaction, nous n'entendons pas un seul vol
d'héliportage sur le petit Combin. Nous nous apercevons très vite que le
glacier de Corbassière que nous prenons pour redescendre, n'est pas
vierge de traces, mais n'altère en rien la superbe qualité de neige qui
nous attend jusqu'à une altitude de 1480m.
8h30 au total de course avec 2460m de dénivelés positif et négatif dans
une ambiance extraordinaire.
Une journée qu'il ne fallait en aucun cas rater, comment va être la
prochaine ?

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